Abstract
LES FIGURES DU PARTI. FORMATION ET DÉFINITION DU GROUPE, 1932-1946 A partir d'un corpus diachronique des Cahiers du bolchevisme/communisme, R.B. étudie la correspondance entre stratégie discursive et stratégie politique à trois moments de l'histoire du PCF (1932, 1935-1936, 1945- 1946). A travers l'analyse contextuelle de nous et de Parti, il repère trois phénomènes : la tension entre énonciateur et destinataire, plus ou moins forte selon leur degré d'intersection, la distance construite entre nous et Parti, enfin l'ouverture du discours vers l'extérieur. C'est en 1932 que la tension est la plus forte. L'identification entre énonciateur et destinataire, soumise à un idéal à atteindre, n'est possible qu'au futur. La figure du Parti est tenue à distance du nous et le transcende. Le discours est à usage interne. Une évolution s'amorce en 1935-1936, qui se poursuivra en 1945-1946. La tension se réduit considérablement. Le nous- récepteur tend à se confondre avec le nous-émetteur. L'espace discursif du nous investit peu à peu celui de Parti, en même temps qu'un nous-frontiste qui s'étend aux alliés fait son apparition. L'ouverture a lieu sur les contours d'un groupe en expansion. En 1945-1946, nous et Parti sont interchangeables, l'ouverture n'a de limites que les frontières nationales, le nous-émetteur se fond au nous-récepteur dans l'ensemble national.