Abstract
De Synthèse brise la conception du corps organique comme producteur de sens. Par le dédoublement identitaire et l’ouverture transcendante, le roman défie la distinction cartésienne fondamentale entre un corps singulier et une âme. En utilisant tout ce qui est en son pouvoir, la protagoniste-narratrice ambitionne une libération complète de son corps organique. Pour la protagoniste, le sang et la chair deviennent au fur et à mesure plus abstraits que la représentation des corps augmentés virtuels qu’elle se crée elle-même. Au lieu de définir son individualité à travers son corps organique, la protagoniste transfère son existence vers un lieu virtuel, dégradant son corps organique en un corps-machine qui se trouve définitivement à l’extérieur de sa subjectivité. En fin de compte, l’effort de la protagoniste de se transformer en image ne fait que détourner l’attention du fait que le récit suit en réalité le schéma le plus classique des romans, à savoir celui de la quête familiale.