Abstract
Dans plusieurs fictions post-apocalyptiques pour la jeunesse, les personnages doivent lutter au quotidien pour survivre après l’effondrement des structures sociales. C’est le cas dans la trilogie des Chroniques post-apocalyptiques (Annie Bacon, 2016‑2022) où Astride doit apprendre seule à survivre au bouleversement complet de son monde. De même, dans Sirius (Stéphane Servant, 2017), Avril cherche à protéger son frère contre les répercussions du déclin de la civilisation. De leur côté, Nell et Eva, protagonistes de Dans la forêt (Jean Hegland, 2018 ; v.o. Into the Forest, 1996), s’accrochent à l’espoir d’un retour à la normale après une série de catastrophes. Confrontées à la perte simultanée de leurs repères et de leurs proches, Astride, Avril et Nell manifestent une remarquable résilience. Ces trois avides lectrices utilisent le pouvoir des livres comme vecteur de reconstruction et de réinvention. En effet, les livres peuvent être de puissants tuteurs de résilience, offrant refuge, réconfort et inspiration dans les moments de traumatisme ou d’adversité. L’article propose d’analyser, à travers les trois romans mentionnés, les modalités par lesquelles la lecture agit comme un tuteur de résilience et de réinvention : elle se révèle successivement refuge contre l’adversité, gage de survie, devoir de mémoire et médiateur de relations sociales.