Abstract
À l’ère des grands équilibres mondiaux, la question de la résilience, de la réinscription et surtout de la réinsertion du fait Francophonie dans la catégorie de faits sociaux totaux se pose avec insistance. Dans le cas d’espèce de l’Afrique noire francophone, les jeunes chercheurs en sciences sociales en général et en science politique en particulier, s’intéressent peu aux objets liés à la francophonie. Dans leurs travaux de recherche, on y trouve très souvent des questions relatives aux conflits, aux organisations internationales, aux politiques publiques locales et internationales, à l’État, aux sociétés traditionnelles, au genre, etc. Pourtant, la Francophonie n’exclut fondamentalement aucune perspective ontologique en rapport avec ces champs exploratoires. En réalité, la Francophonie comme matériaux scientifique peut être abondamment abordée du point de vue socio-anthropologique, des relations internationales et de l’action publique. La certitude est qu’un objet manifestement négligé, aussi pertinent soit-il, perd en substance, en crédibilité et en intérêt ; il se meurt. Cependant, en dehors de quelques chaires créées çà et là, qu’est-ce qui peut expliquer le désintéressement des objets liés à la Francophonie par les jeunes chercheurs d’Afrique noire en général et politistes en particulier ? Pourquoi s’avèrent-ils manifestement moins captivants ? Quels sont les axes scientifiques qui s’offrent aux chercheurs qui s’intéressent aux problématiques de la Francophonie ? À travers quels outils théoriques peut-on saisir les questions liées à la Francophonie ? Cette approche est pertinente dans la mesure où l’Afrique noire francophone vit une vive concurrence des valeurs linguistiques diffusées par les puissances culturelles. Alors, l’on ne peut lire la place de la Francophonie en Afrique sans prendre en compte la fulgurante pénétration des autres institutions linguistiques. En outre, penser la place de la Francophonie dans les travaux des jeunes chercheurs, c’est explorer les dynamiques de survivance de cet objet, étant entendue que la jeunesse garantit la reproduction scientifique des objets. Notre étude combine donc à la fois les perspectives théoriques et pratiques. De ce fait, elle s’appuie ainsi, sur le portefeuille méthodologique du fonctionnalisme et le rationalisme.