Abstract
Il s’agit d’analyser, en France, la mutation des publics opérée parallèlement à la transformation industrielle du secteur cinématographique qui s’est effectuée comme une transition tranquille. Celle des publics, plus lente en ce qui concerne la fréquentation du cinéma, est moins visible et peut-être plus importante : derrière une recomposition des âges des publics (baisse de la fréquentation des jeunes et hausse des plus âgés), s’est joué un effet générationnel qui interroge sur le renouvellement des publics à long terme . Cette révolution, peu mise au jour et peu commentée, forme une crise potentielle qui s’est accélérée avec les nouveaux modes de consommation et la fragmentation de l’espace-temps de consommation du cinéma. Elle place le cinéma dans un « bain numérique » hyperconcurrentiel où le risque de désaffection peut s’amplifier sauf à modifier la composition de l’offre.