Abstract
Quels usages Pascal fit-il du proverbe ? Si les Pensées examinent divers énoncés proverbiaux, le proverbe y intéresse surtout Pascal comme forme à imiter, en ce qu’il frappe les esprits et s’insinue dans la mémoire : parmi les choix stylistiques où se reconnaît ce moule proverbial, la suppression de l’article, l’ellipse du verbe, l’ouverture par le relatif qui sans antécédent. Sans doute cette élection de la forme proverbiale s’explique-t-elle par le modèle salomonique que s’est donné l’apologiste, mais ne sacrifie-t-elle pas aussi à un usage enjoué, ludique, qui s’illustrait déjà dans les Provinciales ? La langue proverbiale y offre en effet la matière de nombreuses plaisanteries dont le succès a pu contribuer à convaincre Pascal que le proverbe était une arme de choix pour humilier son adversaire, qu’il soit jésuite, libertin ou honnête homme.