Abstract
La relation entre Guy Hennebelle et l’œuvre des cinéastes argentins Fernando Solanas et Octavio Getino remonte à la présentation de La Hora de los hornos (L’Heure des brasiers, 1968) et du manifeste « Vers un Troisième Cinéma » (1969), qui a coïncidé avec le retour de Hennebelle et de Monique Martineau-Hennebelle à Paris après quelques années passées en Algérie. En mars 1969, Hennebelle écrit que le film constitue « une date dans l’histoire du cinéma mondial ». Dans les années suivantes, il devient lui-même « propagandiste » du film et du manifeste. Cet article envisage la relation que Hennebelle a entretenue avec Solanas et son œuvre tout au long des années 1970. Il s’intéresse d’abord à sa lecture du film et du manifeste dans le cadre de la réception du Nouveau Cinéma latino-américain (celle du Cinema Novo brésilien notamment) en Algérie et France. Il se réfère ensuite à l’apport de Hennebelle, en dialogue avec Solanas, dans la construction d’un « pont conceptuel » tiers-mondiste dans la géopolitique du cinéma mondial de cette période. Il aborde enfin leurs échanges dans la seconde moitié des années 1970, entre la publication du livre Quinze ans de Cinéma mondial en 1975 et le dossier sur l’influence du Troisième Cinéma dans le monde, publié par le groupe CinémAction en 1979.