Abstract
Dès les années 1960, au lendemain des indépendances africaines, Guy Hennebelle joue un rôle central dans la promotion des cinémas du Maghreb qui naissent à cette période d’effervescence politique et culturelle. Par ses écrits autant que par son travail éditorial engagé, le critique français accompagne l’émergence de la cinéphilie au Maghreb et contribue à faire de ces cinématographies post-coloniales dites « mineures » des objets légitimes d’intérêt cinéphilique autant que d’étude scientifique, dans leurs propres pays comme dans le reste du monde. De 1965 à 1968, Hennebelle dirige la page cinéma du quotidien algérien El Moudjahid, et y signe plusieurs centaines d’articles sous le pseudonyme de Halim Chergui. Son engagement pour les cinémas du Maghreb se poursuit ensuite tout au long de sa vie, et s’illustre notamment dans les numéros qu’il leur consacre régulièrement à travers sa revue CinémAction, qui constitue encore aujourd’hui l’un des jalons de l’historiographie de ce champ des études cinématographiques encore si peu exploré.