Abstract
Par-delà les fluctuations idéologiques et le dosage variable entre préoccupation esthétique et lutte politique qui caractérisent le rapport au long cours de Guy Hennebelle au cinéma, on note une fidélité inébranlable envers certaines causes, et en particulier la lutte du peuple palestinien. Je voudrais étudier ce tropisme palestinien en trois temps, qui correspondent à trois figures de Guy Hennebelle : d’abord la figure du journaliste, qui parcourt les festivals au début des années 1970 et qui témoigne dans ses articles de sa découverte du cinéma palestinien à ses balbutiements ; ensuite la figure du critique, réfléchissant aux enjeux déployés par ce cinéma, notamment dans le volume La Palestine et le cinéma (1977) qu’il dirige avec Khemaïs Khayati et qui est le premier livre français sur la question ; et enfin la figure du militant, à la recherche d’une possible solution au conflit israélo-palestinien, à travers l’utopie d’un dialogue entre les cinéastes palestiniens et israéliens, et la place accordée à la question palestinienne dans les années 1990 au sein de la revue Panoramiques.