Abstract
L’amitié entre Francis Bordat et Guy Hennebelle n’était pas fondée sur une vision partagée du cinéma. Face à l’un des plus vigoureux pourfendeurs de Hollywood, l’auteur de cet article ne cachait pas son amour du cinéma américain, qu’il refusait de considérer comme un simple relais de l’idéologie états-unienne, voué à seulement exalter l’American dream et l’American way of life. C’était cependant un trait de caractère majeur de Hennebelle de ne jamais refuser la discussion, et même de l’installer dans les revues et les collections qu’il dirigeait. L’amour du cinéma américain a ainsi fait l’objet d’un numéro de CinémAction, dirigé par Bordat lui-même. Revenant aujourd’hui sur cette passionnante collaboration, ce dernier rend hommage à son ami et à son goût de la « dispute ». Sans transiger sur ses convictions de base, mais en les remettant sans cesse sur la table de travail pour les préciser et les nuancer, Guy Hennebelle ne s’est jamais fatigué du débat - ce qui l’a distingué de la plupart de ses contradicteurs.