Abstract
Il s’agit ici de déplacer l’opposition couramment établie entre réel et virtuel dans l’image, en remarquant que, si elle est bien une image de la réalité, l’image de film ne s’arrête pas au visible, mais inclut également les aspects invisibles de cette réalité. Cette affirmation est illustrée dans trois directions : l’apparence humaine, que le cinéma peut rendre douteuse, voire annuler ; les visions, doutes et illusions, qu’il sait représenter y compris sur le mode du leurre ; l’invisible plus essentiel qui hante le réel : forces, esprits, courants. Plus généralement, l’invisible est bien au cœur du visible, et c’est un des pouvoirs du cinéma de nous le faire sentir. Le « virtuel » n’est donc pas seulement une invention récente, liée aux progrès techniques, mais une dimension essentielle du cinéma, qu’il a manifestée durant toute son histoire, et de plusieurs manières.