Abstract
Cet article revient sur les effets visuels de la saga Matrix, et notamment sur ses usages des technologies de cinématographie virtuelle (bullet-time, « universal capture ») qu’elle a participé à démocratiser dans le domaine des films à grand spectacle. Mal reçus à l’époque de la sortie des films, ces effets entrent pourtant en résonance avec leur sujet même, à savoir celui d’une simulation informatique dont on révèlerait la nature à ses usagers, qui en étaient jusque-là inconscients. Il s’agira donc de revenir sur le traitement de la cinématographie virtuelle au sein de ces quatre films pour comprendre la manière dont cette dernière tend à faire sens dans un récit où cette révélation constitue une arme pour se défaire de l’artificialité d’un monde photographique dont la logique illusionniste devrait faire l’objet d’une réflexion à nouveaux frais dans un contexte marqué par l’apparition des nouvelles images.