Abstract
Cet article retrace chronologiquement, au fil des années 1970, la guerre de positions inconciliables entre les Cahiers du cinéma et Guy Hennebelle. Si ce dernier ne cesse de critiquer le virage théorique de la revue (qu’il nomme le « ciné-telquélisme »), il est perçu par elle comme un « gauchiste anti-théorique ». Passant tardivement au maoïsme (en 1972), s’engageant dans des alliances tactiques, la revue met de l’eau dans son vin et reprend le dialogue avec Hennebelle en 1973-1974, dans une tentative de s’ouvrir à un public militant plus large, et surtout d’accéder à un réseau de cinéastes et de films non occidentaux, domaine où Hennebelle reste incontournable. Mais la sortie de Quinze ans de cinéma mondial (1975) ravive les dissensus passés. Les Cahiers contrattaqueront par quelques mentions peu amènes et un article parodique. L’analyse de ces jeux d’écarts au sein de deux pôles de l’extrême gauche française offre une bonne vision des différentes orientations politiques de l’époque, leur force de conviction et leurs potentialités d’action.