Abstract
Qu’est-ce que le virtuel et l’esthétique du virtuel, au-delà de leurs manifestations à travers l’innovation technologique et les nouveaux médias ? Cette notion esthétique complexe renvoie aussi bien au développement des nouvelles technologies qu’à un concept philosophique qui nous aide à saisir les enjeux esthétiques des formes filmiques contemporaines. En partant des définitions philosophiques du virtuel (Bergson, Deleuze, Serres, Lévy), l’article explore les mouvements de virtualisation et d’actualisation dans le traitement des espaces sonores, notamment dans Solaris (1972) d’Andreï Tarkovski. Il interroge le concept de dramatisation de l’espace et du temps et évoque Mizoguchi dans une réflexion sur l’"archéologue du virtuel ». L’article ouvre aussi une réflexion sur les images opératoires contemporaines, en particulier celles de Harun Farocki.