Abstract
Pendant plusieurs décennies, historiens et archéologues ont eu tendance à minimiser l’importance des jeux du cirque dans les Gaules et l’intérêt des Gaulois pour ces divertissements. John Humphrey notamment, dans son ouvrage Roman Circuses paru en 1986, a affirmé que les Gaules (Narbonnaise, Lyonnaise, Aquitaine et Belgique) n’auraient compté qu’un petit nombre de cirques par comparaison avec d’autres provinces romaines. En outre, le corpus d’inscriptions mentionnant des jeux du cirque serait assez mince dans les Gaules par rapport à d’autres régions. Ces deux éléments – qui restent d’ailleurs à confirmer – permettent-ils pour autant d’en conclure que les jeux du cirque étaient moins récurrents et moins plébiscités dans les Gaules qu’ailleurs dans l’Empire ? Notre intention dans cet article est surtout de faire le point sur l’état actuel de nos connaissances tout en proposant une approche différente. Plutôt que de s’interroger sur le degré de popularité des ludi circenses dans les Gaules à partir de considérations exclusivement comptables (nombre d’édifices, d’inscriptions ou de graffitis…), nous nous demanderons plutôt dans quelle mesure les cirques et leurs spectacles en Gaules paraissent différer, ou non, de ceux du reste de l’Empire au regard de la documentation dont nous disposons.