Abstract
Les opérations d’archéologie préventive menées à Metz ont révélé l’importance de son extension dès le ier siècle, remettant en cause les suppositions d’une ville romaine limitée à l’enceinte de l’Antiquité tardive. Ces données soulèvent de nouvelles problématiques qui peuvent être examinées à la lumière des deux quartiers les mieux documentés. Le quartier de Pontiffroy situé dans le nord-ouest de la ville s’est développé à partir de la voie romaine allant de Metz à Trèves. Des habitats en matériaux légers apparaissent au milieu du ier siècle, puis des constructions en murs maçonnés occupées jusqu’au iiie siècle leurs succèdent. Des activités artisanales y ont été caractérisées sans pour autant en faire un secteur spécialisé. Le quartier de l’amphithéâtre, où deux sites ont été fouillés, est localisé dans le sud de la ville. L’existence à partir du iie siècle de la voie de la Meurthe dans cet espace a pu être attestée de façon certaine. Au nord de l’amphithéâtre, l’occupation est la plus dense aux alentours de 130-170, mêlant habitat et activité de boucherie. Le secteur le plus proche de l’amphithéâtre révèle une urbanisation tardive à la fin du iie siècle puis une restructuration au début du iiie siècle. Son développement fut certainement stimulé par la présence de cet équipement public monumental. L’évolution de ces deux quartiers illustre la diversité et la complexité des phénomènes d’expansion de la ville antique.