Abstract
Cet article analyse l’engouement des femmes montréalaises pour le cinéma muet dans les années 1920, un phénomène marquant de la culture de l’entre-deux-guerres. Contrairement à l’histoire du cinéma, souvent centrée sur la production et l’esthétique des films, l’étude s’intéresse aux pratiques et aux expériences des spectatrices, afin de comprendre la place qu’occupe le cinéma dans leur quotidien et leur imaginaire. L’analyse repose sur les traces laissées par les publics féminins dans la presse culturelle et dans quatre périodiques spécialisés. Elle s’appuie sur les travaux de chercheurs ayant étudié la réception du cinéma par les femmes ainsi que sur les approches des études culturelles et de l’analyse de presse. Après avoir examiné les rubriques qui témoignent de la présence et de l’importance des usages féminins du cinéma, l’article se développe en deux volets. Il présente d’abord les discours cherchant à décourager ou à encadrer certaines pratiques des spectatrices, puis met en lumière leurs gestes participatifs, révélant leur engagement actif envers la culture cinématographique et leur appropriation de l’univers du cinéma.