Abstract
Selon la nomenclature adoptée par la Division de la Population des Nations Unies, l’Amérique du Nord regroupe cinq territoires très différents mais qui ont tous des liens politiques, historiques ou contemporains avec l’Europe : les États-Unis et le Canada sont d’anciennes colonies européennes, tandis que les Bermudes sont un territoire d’outre-mer britannique, le Groenland un territoire autonome du Danemark et Saint-Pierre-et-Miquelon une collectivité d’outre-mer française. Fortement marqués par les migrations qui ont largement contribué au peuplement actuel de la plupart de ces territoires, ils accueillent des populations de cultures très diverses. Avec la baisse de la fécondité et de la natalité, l’immigration est redevenue récemment le moteur de la croissance démographique aux États-Unis et au Canada - pays qui dominent le peuplement du continent – tandis que l’émigration a d’abord freiné, puis empêché la croissance des territoires insulaires. De tailles très différentes (quoi de comparable entre les superficies du Canada et de Saint-Pierre-et-Miquelon), confrontées à des environnements qui peuvent être diamétralement opposés (le Groenland et les Bermudes), accueillant les populations dans des cadres de vie très disparates (des grandes métropoles américaines aux isolats de peuplement situés aux confins de l’Arctique), l’Amérique du nord constitue une sorte de kaléidoscope démographique, largement dominé toutefois par le géant états-uniens, troisième puissance démographique du monde.