Abstract
Jusqu’en 1989-1991, sur les plans politique et démographique, l’Europe était coupée en deux. L’Europe centrale et orientale représentait 48,6% de la population totale et certains comportements démographiques spécifiques y étaient observés, comme une croissance démographique fondée sur l’accroissement naturel malgré une mortalité plus forte, le très faible niveau des migrations internationales et le maintien du calendrier plus précoce de la fécondité. Depuis cette date, alors que l’Europe de l’Ouest a vu sa population continuer de croître, certes essentiellement grâce au solde migratoire, la dynamique démographique à l’Est a souffert des bouleversements politiques que les pays de cette partie de l’Europe ont connus : l’Europe centrale et orientale ne représente plus, actuellement, que 42,8% de la population du continent. Au sein de cet ensemble géographique, des situations diverses sont toutefois observées. Ainsi, en Europe centrale, après une période de profondes transformations, la dynamique démographique s’est rapprochée de celle de l’Europe de l’Ouest avec une croissance migratoire positive et un accroissement naturel proche de zéro malgré une augmentation sensible de l’espérance de vie à la naissance. En Europe orientale, le déficit naturel et le déficit migratoire se sont parfois cumulés, ce qui fait que certains pays, comme la Lettonie ou la Bosnie-Herzégovine, ont perdu 30 % de leur population. Dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, le contexte est totalement différent : ces États ont actuellement une très forte croissance naturelle qui s’est encore accrue depuis le début du siècle. Dans ces États qui n’avaient pas fini leur transition démographique sous l’U.R.S.S., la population s’est accrue de 60% depuis les indépendances.