Abstract
La massification des migrations Drom-Hexagone a débuté dans les années 1950, à la suite de la départementalisation de 1946, et s’est accompagnée d’une politique migratoire qui considère la mobilité des Dromiens comme une solution palliative aux inégalités de développement et une marque de solidarité de la nation française envers ses territoires d’Outre-mer. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’intervient la création du « Bureau de Migration intéressant les Départements français d’outre-mer » (BUMIDOM). Ainsi près d’un tiers des adultes résidant aujourd’hui en Guadeloupe et Martinique ont connu au cours de leur vie une expérience de migration, pour l’essentiel en France hexagonale. Ces flux migratoires ont eu un impact considérable sur la pyramide des âges de ces départements, accentuant le phénomène de vieillissement démographique auxquels ils sont confrontés. Cette émigration a redéfini et réorganisé les unités familiales antillaises, dans leur dynamique et leur structure. Cet article s’intéresse aux enjeux et défis du faire-famille pour les Français originaires des Antilles ayant émigré en France hexagonale à partir des années 1960. Il s’agit plus exactement de comprendre comment la (re)composition familiale s’est inscrite dans les parcours de vie, et ainsi mieux appréhender ce qu’a signifié « faire-famille » pour les Français d’outre-mer dans les années BUMIDOM (1963-1982). Par le biais d’une démarche interdisciplinaire (démographie et sociologie) mêlant méthodes quantitatives et qualitatives, nous proposons un regard croisé sur la structure et dynamiques des familles antillaises.