Abstract
Au xxie siècle, les villes françaises présentent des structures socio-spatiales fortement différenciées, dont les mobilités résidentielles constituent à la fois un déterminant et un révélateur central. Marseille, deuxième commune la plus peuplée de France, offre à cet égard un terrain d’analyse particulièrement riche, marqué par une fragmentation socio-résidentielle originale où la majorité des quartiers populaires se concentrent dans la moitié nord de la ville, jusque dans l’hypercentre historique. Cet article analyse les mobilités résidentielles internes (dites aussi infracommunales) et externes (supracommunales) à Marseille entre 2015 et 2022, en mobilisant les données administratives et fiscales Fidéli à l’échelle des Iris. Privilégiant une approche territoriale, l’analyse met en évidence des schémas spatiaux infracommunaux d’attraction et d’émission différenciés selon l’origine géographique et la classe sociale des individus, apportant des éléments nouveaux à la compréhension des évolutions, reproductions et recompositions des divisions socio-spatiales urbaines. Elle vient notamment confirmer l’influence de la morphologie sociale nord/sud sur les trajectoires résidentielles, malgré des nuances qu’elle soulève du fait des rénovations d’Euroméditerranée et d’une attraction croissante de certains quartiers sud pour des ménages aux niveaux de vie modestes.