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Abstract
La parution de l’Histoire du cinéma suisse, 1966-2000, dont l’auteur est co-éditrice avec Hervé Dumont, est l’occasion de reposer la question du « cinéma national » pour la confronter à celle « d’identité ». L’ambition encyclopédique de l’ouvrage qui recense tous les longs-métrages sortis en salle pour la période donnée, impose des limites au « national », en opérant certains choix de corpus. À partir de quels critères ? D’autre part ce corpus se révèle particulièrement hétérogène dès qu’il s’agit de questions d’identité. Or dans la définition d’un cinéma national, la question de l’identité paraît incontournable. Comment intervient-elle dans le concept de « national » ? Et comment articuler ensemble « cinéma national » et « identité nationale » ? C’est bien parce que l’on fabrique l’identité du cinéma suisse, identité définie comme nationale, que se voient légitimés les critiques ou considérations sur l’identité suisse que peuvent avancer les films, comme les discours qui les entourent. Dans la mesure où le cinéma se construit par les discours, le schème fondamental de l’identité est utilisé pour permettre l’avènement d’un cinéma national, condition de possibilité d’un débat sur l’identité nationale au sein du cinéma.