Abstract
L’article analyse le contenu surprenant – car oublié – du rapport parlementaire de Maurice Petsche en 1934 qui, face à la crise du cinéma français et au fait que l’État se retrouve principal créancier de la Gaumont-Franco-Film-Aubert par l’intermédiaire de la Banque Nationale de Crédit en liquidation, préconise la mise en place d’un système de régulation, contrôle et aide de l’État pour le cinéma. Ce rapport qui annonce les mesures que l’État français mettra en place sous Vichy (avec le COIC) et que la ive République reprendra en créant le CNC, est cependant combattu violemment par la profession qui y voit une « mainmise » de l’État sur une industrie privée. Ces réactions corporatistes réussissent ainsi à différer l’application des mesures proposées, mais le Rapport Petsche n’en est pas moins à l’origine de la législation française actuelle concernant le cinéma. C’est un plaidoyer argumenté pour en faire un élément de la culture française à défendre et à promouvoir. Une organisation d’État pour mieux préserver la liberté des créateurs et des artistes, n’est-ce pas ce qu’il est convenu d’appeler « l’exception française » ?
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