Abstract
Le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein connut, lors de sa distribution en Allemagne, un accompagnement musical dû au compositeur Edmund Meisel qui fit sensation et enthousiasma le réalisateur quand il put l’entendre. Cet accompagnement mythique, perdu puis retrouvé, donna lieu à des projections-concerts dans les dernières décennies. Cependant la découverte récente au Musée des techniques de Vienne de disques appartenant à la version sonorisée du film lors de sa ressortie en 1931 est un événement sans doute plus important : c’est Meisel lui-même qui reprit sa partition, introduisit des chœurs chantés par la troupe de Piscator, dans cette version « oubliée » du film dont on avait retranché les cartons pour en faire un film sonore. L’auteur retrace l’ensemble de la question des différentes versions du film et des différentes musiques qu’on lui adjoignit, question qui révèle bien d’autres enjeux que simplement musicaux : idéologiques, politiques, économiques.
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