Abstract
Les motifs, imageries et films d’animations de guerre suggérés par le titre de cet article ne s’adressent pas seulement au spectateur/lecteur « enfant » mais ils renvoient certainement à une forme de culture de guerre dite de jeunesse, qui elle-même entretient un rapport avec la culture de guerre plus globale. Par ailleurs, « depuis peu, nous commençons à considérer “Versailles” et l’après-guerre sous un jour nouveau, celui de la “poursuite de la guerre dans les cerveaux” » écrit l’historien Gerd Krumeich Et, pourrait-on ajouter, celui de la reviviscence des événements au prisme de leurs écritures, représentations et images (fixes ou animées). Les corpus d’œuvres analysés ici tendent à démontrer l’emprise de la guerre sur Robert Lortac et Marius O’Galop, qui ont vécu l’événement de manière différente. Tableaux humoristiques animés et images de propagande spinaliennes participent de la rationalisation de la guerre en vigueur dans le processus de mobilisation de l’information nationale. Et si le conflit fut infiniment plus complexe que ne le présentent les pages pamphlétaires d’O’Galop ou les saynètes de Lortac, ces œuvres révèlent peut-être comment on racontait l’Histoire aux enfants (et aux adultes) jusqu’en 1916 du moins.
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