Abstract
A travers cette étude, l’auteur analyse la position prise par le journal La Vanguardia, organe officiel du Parti Socialiste argentin, lors des élections présidentielles de 1946, élections qui marquèrent la naissance du mouvement politique péroniste. Ce fut la première élection depuis 1928 au cours de laquelle il n’y eut pas de fraude électorale. Elle permit la victoire de Juan Domingo Péron, qui devint ainsi le président constitutionnel de la République argentine. L’auteur analyse également le type de discours qu’employait le journal et les arguments dont il se servit pour rejoindre l’Union Démocratique et critiquer durement Péron, ainsi que les groupes politiques et sociaux qui l’appuyaient. Cette attitude politique éloigna définitivement les masses ouvrières des partis de gauche. Les dirigeants socialistes ne purent jamais l’empêcher, car ils avaient des concepts erronés à propos des besoins et des désirs de la classe ouvrière argentine de cette époque-là. C’est ainsi que, finalement, La Vanguardia, publication considérée en 1894 comme le « Journal Socialiste Scientifique. Défenseur de la classe ouvrière », finit en 1946 par s’identifier à des intérêts qui n’avaient rien à voir avec ceux des ouvriers.