Abstract
Les années 1980 furent marquées par la transformation d’une Espagne pays d’émigration en une Espagne accueillant des milliers d’immigrés. Submergée et souvent dépassée par cette réalité, nouvelle et conflictuelle, la société espagnole semble avoir oublié que l’Espagne avait été, jusque récemment, une « terre d’émigrants ». Ce travail a ainsi comme but de récupérer une partie de cette histoire-mémoire concernant la dernière vague migratoire espagnole. Prenant comme point de départ l’extrême richesse et complexité des sources orales, nous tenterons de reconstituer les raisons ayant poussé une partie des Espagnols à l’émigration. Face à l’impossibilité d’embrasser la totalité du flux migratoire, nous avons opté par une comparaison des deux destinations principales du flux : l’Argentine pour la période où l’émigration se dirigeait massivement vers des destinations d’Outre-mer (1945-1955), et la France pour la période dite « continentale » (1956-1980).