Abstract
Si les harkis ont longtemps été forclos de l’histoire et parlés par autrui (d’un côté par les chercheurs et de l’autre par les militants « nostalgériens »), depuis quelques années ils interpellent cette même histoire et ils parlent de leur propre voix. Ce déplacement d’un discours tiers à un discours assumé peut être chronologiquement situé au moment où émerge une nouvelle modalité de manifestation mnémonique : les récits (auto)biographiques. L’écriture devient alors un instrument de communication et de diffusion d’une mémoire blessée, autrement dit une activité en mesure de renseigner sur les processus contemporains de surgissement mémoriel et identitaire.