Abstract
On a pensé la catastrophe, mais a-t-on suffisamment pensé la survivance et la figure du survivant ? Ce n'est pas un hasard si celle-ci est au centre de Masse et puissance, oeuvre dans laquelle Canetti interroge la « mauvaise » survivance responsable de la poursuite de la logique de guerre. Mais où trouver la « bonne » ? Revenir de la catastrophe ne suffit pas pour être un « survivant authentique », selon l'expression de Kafka. Il faut avoir dépassé, avec Primo Levi et Robert Antelme, l'opposition de la vie comme croissance continue et de la mort comme son horrible contraire, par le don, dans la pauvreté solidaire, de cette vie retrouvée.