Abstract
En 1923, les parlementaires français adoptent une loi réservant des emplois aux victimes de guerre dans les administrations et les établissements publics. Il s'agit de favoriser le reclassement social de milliers d'invalides, veuves et orphelins de guerre. Près de 150 000 d'entre eux bénéficient d'un emploi réservé entre 1923 et 1939. Il leur a fallu auparavant se soumettre à un système de sélection exigeant. Les parlementaires l'ont voulu ainsi parce que leur principale préoccupation est de concilier les intérêts des victimes de guerre et les exigences du service public. La question de savoir si ce système d'embauche préférentielle est compatible avec les principes républicains d'égalité ne semble pas les intéresser. Ils souhaitent avant tout que la Nation s'acquitte de ses devoirs envers les victimes de guerre.