Abstract
Quelle sont les traces laissées par la guerre d’Algérie dans les textes produits par les écrivains issus de l’immigration ? Telle est la question principale que pose cet article. Cependant, loin de se contenter de répertorier les différents modes d’inscription de la guerre dans des œuvres aux statuts variés – du récit-témoignage à la fiction, en passant par l’autobiographie –, cet article analyse d’une part la façon dont l’écrivain remodèle le passé communautaire ou familial et, du même coup, forge une mémoire et la transmet à ses lecteurs. D’autre part, il questionne également la visée de ces mises en récit qui, tantôt, optent pour le quasi-effacement de la violence, tantôt au contraire, tentent d’écrire des événements demeurés longtemps enfouis, comme refoulés de la mémoire française.