Abstract
Pour aborder la problématique du populisme en tant que phénomène politique, nous avons choisi de nous placer dans une perspective latino-américaine en nous intéressant au cas particulier du Venezuela et de son Président Hugo Chavez. La crise généralisée qui, à partir des années quatre-vingts, s’est abattue sur le pays a mis un terme à quarante années de bipartisme et a considérablement affaibli le modèle de démocratie représentative mis en place par les partis politiques Action Démocratique et Copei. Profitant de ce vide, de nouveaux acteurs politiques, indépendants des partis traditionnels, émergèrent dans le panorama politique vénézuélien et parmi eux Hugo Chavez. Ex-putschiste et leader incontesté des secteurs défavorisés, il construisit sa victoire aux élections présidentielles de 1998 en s’appuyant sur un discours virulent envers les partis et l’ancienne classe politique. Grâce à cette technique, Chavez sut capter l’attention des laissés-pour-compte et des déçus du système en s’imposant comme le candidat de la rupture, du changement en faveur d’une démocratie participative et du retour à l’âge d’or, inspiré de Bolivar, jugé plus à même de conduire le Venezuela vers un avenir meilleur.Afin d’appréhender les principales caractéristiques de ce leader charismatique, dans un premier temps, après une brève étude du populisme vénézuélien des années cinquante, nous nous concentrerons sur le personnage, puis, à travers ses déclarations et ses écrits, nous examinerons le diagnostic qu’il porte sur la crise que traverse le Venezuela, la nature de son programme électoral et, enfin, son rapport au peuple. Grâce à ces différents axes de recherches et à leur analyse, nous verrons si Hugo Chavez est ou non un leader populiste.