Abstract
Le sens commun avance généralement que la maladie grave est le pire des malheurs. Pourtant, dans des situations d’extrême pauvreté, il est parfois préférable d’être en mauvaise santé car la maladie permet d’obtenir de nouvelles prestations sociales. En temps ordinaire, les plus pauvres n’ont pas accès à l’effectivité de leurs droits car celle-ci est soumise à des normes qu’ils ne sont matériellement pas en mesure de respecter. Or, le statut de malade dispense du respect de ces normes et permet donc d’accéder aux droits. Mais ces nouveaux droits disparaissent à la sortie du statut de malade. Le contrôle social qui préside à l’accès aux droits peut donc pousser les plus démunis à négliger leur santé jusqu’à se mettre en danger de mort.