Abstract
La chaine des Puys compte un grand nombre de zones humides issues de l’activité volcanique (maars ou lacs de barrage volcanique) dont l’aspect actuel fait passer beaucoup d’entre elles pour « sauvages » auprès des visiteurs car elles ne sont plus entretenues. Pourtant, elles traduisent, par le paysage qu’elles offrent, aussi bien l’histoire géomorphologique que l’histoire des sociétés car elles sont le produit d’une longue évolution. À l’heure où le Conseil général du Puy-de-Dôme présente un dossier de candidature en vue d’un classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, cet article montre que reconstruire finement l’histoire de tels milieux peut aider les gestionnaires à penser leur politique de gestion non plus sous un angle conservatoire et strictement de protection mais dans une continuité avec la dynamique historique afin de mieux répondre à la fois aux exigences de l’UNESCO de préserver le site et aux demandes sociales locales de pouvoir maintenir voire développer leurs activités. De ce fait, le double caractère naturel et culturel de ces entités en fait un bon modèle pour intégrer dans le plan de gestion imposé par l’UNESCO des modalités qui concilient la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) du site fondée sur des critères esthétiques et géologiques et la valeur écologique et culturelle qui découle de la succession d’aménagements et d’abandons qui les ont affectées.