Abstract
Ce roman de Lucía Etxebarria, « Nous, qui ne sommes pas comme toutes les autres », s’inscrit dans le concept d’altérité qui guide la lecture en installant comme horizon d’attente celui de l’affirmation identitaire. Sont figurés deux groupes antagonistes, de femmes, mais pas seulement, dont les traits apparaissent progressivement par un double décryptage autour de la notion de stéréotype, ses enjeux et ses formes dans la narration. De la mise en regard de ces collectifs, que des caractéristiques volontairement marquées rendent potentiellement identifiables, découle le sens de l’oeuvre, sorte de positionnement axiologique dans l’Espagne du troisième millénaire. Le dispositif énonciatif particulier autour de l’opposition entre stéréotypes constitue l’enjeu de cette œuvre, lui permettant de dépasser le niveau qui associe stéréotype à littérature de masse. En découvrant explicitement les idées reçues de part et d’autre, et en en jouant pour les révéler, le roman installe une distance critique qui repousse la condamnation esthétique ou idéologique et resémantise le stéréotype dans son rapport à l’imaginaire social.