Abstract
La multiplication de la création des aires marines protégées et en particulier les plus grandes d’entre elles est un phénomène politique récent et de grande ampleur. Leur contenu juridique est le plus souvent mal défini et il apparait que leur normativité est en général assez faible, inversement proportionnelle à leur taille. Mais ces initiatives marquent une nouvelle étape du droit de la mer par laquelle les États maritimes affirment désormais leur souveraineté sur les ressources naturelles à travers la science et la protection de l’environnement, pour mieux se les accaparer. La France ne veut pas rester à l’écart de ce mouvement d’emprise renforcée. Malgré la création de l’Agence des Aires marine protégées et du statut de Parc marin, le cadre juridique traditionnel de ses aires marines protégées et les droits reconnus à ses collectivités d’outre-mer constituent un handicap dans la compétition ouverte pour contrôler de vastes espaces océaniques.