Abstract
«La controverse autour du principe de précaution « versus principe d’innovation » est au cœur de différents débats législatifs (OGM, ondes électromagnétiques, nanomatériaux, risques chimiques, perturbateurs endocriniens…). Cet article propose des clés de lecture de la prise en compte du savoir scientifique dans l’élaboration de la norme législative à travers l’illustration du débat parlementaire relatif à la loi dite ondes du 9 février 2015 dont l’adoption fut quelque peu tumultueuse. Ce parcours législatif témoigne de deux occasions manquées pour le législateur : avoir fait preuve, d’une part, d’innovation dans la fabrique de la loi en appliquant le principe de précaution à un secteur marqué par la prégnance de l’incertitude scientifique et, d’autre part, d’audace en appliquant dans le même temps le principe ALARA (traditionnellement réservés aux rayonnements ionisants) aux ondes électromagnétiques (rayonnements non-ionisants).
The controversy surrounding the precautionary principle “Versus the principle of Innovation” is at the center of different legislative debates (GMO, electromagnetic waves, nano materials, chemical risks, endocrine disruptors...). This article proposes reading tools on the basis of scientific knowledge to understand the elaboration of legislative norms illustrated by the parliamentary debate on electromagnetic waves on February 9, 2015, whose adoption was somewhat tumultuous. This legislative process reflects two missed opportunities for the legislator : to prove, firstly, the innovation in the construction of the law by applying the precautionary principle to a sector marked by the predominance of scientific uncertainty and, secondly, the boldness by applying at the same time the ALARA principle (traditionally reserved for ionizing radiation) to electromagnetic waves (non-ionizing radiation).