Abstract
Nous étudions la manière dont des enseignantes s’engagent, s’investissent et s’approprient un projet d’innovation pédagogique en robotique scolaire porté par différentes prescriptions institutionnelles dans le contexte français. Convoquant la théorie de l’acteur-réseau et le paradigme de la cognition distribuée, nous cherchons à comprendre comment et à quelles conditions, les enseignantes s’engagent dans un processus d’innovation visant l’utilisation de robots, tout en satisfaisant les exigences portées par les programmes scolaires en matière de programmation informatique à l’école primaire, ainsi que celles des scénarios pédagogiques issus d’une production collective. Pour répondre à cette question, nous triangulons deux jeux de données : des verbatim auprès de 12 enseignantes portant sur leurs motifs d’engagement dans le projet PREP, et des observations vidéo de trois cas (3 x 4 séances) de mise en œuvre pédagogique des scénarios de robotique scolaire. Les résultats montrent des motifs d’« intéressement » différents dans le projet (pour se former ou pour disposer de ressources numériques nouvelles, notamment), qui se traduisent en degrés d’engagement différenciés au sein de la salle de classe. Les controverses exprimées finissent par s’estomper, favorisant — pour cinq écoles sur les sept participant au projet — une stabilisation de nouvelles pratiques en faveur de la robotique pédagogique au-delà de la temporalité de l’expérimentation.