Abstract
Les regroupements pédagogiques (ex., programmes pédagogiques particuliers, adaptation scolaire), qui placent les élèves selon leurs aptitudes, besoins ou intérêts, prennent de l’ampleur, et ce, malgré le peu de consensus scientifique concernant leurs effets réels. Cet article explore le phénomène au regard des effets psychosociaux et scolaires sur les élèves. Il s’arrête également sur leur caractère ségrégatif, une question qui alimente plusieurs débats. Il brosse ensuite un portrait de la mise en œuvre de ces programmes selon certains facteurs susceptibles de rendre leur implantation plus équitable et d’en améliorer les effets. Les 130 directeurs qui ont répondu à des questionnaires électroniques proviennent de 52 écoles secondaires des secteurs public et privé. Les résultats révèlent que 94,2 % des écoles de l’échantillon offrent au moins un programme pédagogique particulier (PPP), qu’il existe 17 programmes de ce type (surtout sport-études et arts-études), et que des classes d’adaptation scolaire ou de cheminement particulier (AS/CP) sont présentes dans 69,3 % des établissements, principalement dans ceux du secteur public. Leur mise en œuvre (ex., critères sélectifs, répartition au sein de l’école et du système éducatif québécois) est diversifiée et varie d’une école à l’autre avec des distinctions marquées selon le type d’établissement (privé/public). S’agissant du premier portrait de ce type effectué au Québec, les conclusions invitent à réfléchir aux effets de ces regroupements sur le développement personnel et scolaire, mais aussi social des élèves, de même que sur certaines conditions rendant ces pratiques plus inclusives tout en conservant leur aspect motivationnel.