Abstract
Au Québec, les écoles publiques régulières, publiques avec projets particuliers et privées cohabitent. L’analyse sociologique de ces marchés scolaires oblige à considérer les choix effectués par les parents, afin de comprendre les pratiques et les discours des acteurs sociaux comme les facteurs structurels qui les influencent. En effet, les parents ne disposent pas tous des mêmes cartes dans leur jeu quand vient le temps de s’informer et de choisir l’école de leur enfant. Cet article vise à mieux comprendre comment des parents qui vivent en milieux défavorisés et qui n’ont pas fréquenté l’université mobilisent leurs capitaux symboliques (selon la définition de Pierre Bourdieu) pour choisir une école secondaire pour leur enfant, et ce, dans différentes villes du Québec (Montréal, Sherbrooke, Québec et Rimouski). Le corpus se compose de 24 entretiens semi-dirigés réalisés avec des parents au moment où ils devaient choisir l’école secondaire pour leur enfant. L’analyse thématique des entretiens montre que la majorité des parents qui ne détiennent pas de diplôme universitaire arrivent néanmoins à naviguer pour mobiliser les capitaux qu’ils détiennent afin de faire un choix scolaire informé pour leur enfant. À travers le discours des parents, on constate que les valeurs guident le choix, parfois indépendamment des possibilités financières.