Abstract
Dans la littérature francophone, l’image inscrite dans le texte n’est pas un simple façon d’agir esthétique, mais une forme de mémoire. Par des métaphores, des visions et des descriptions qui rendent le récit plus riche, les auteurs évoquent des parties du passé, parfois cachées par les récits historiques officiels. L’image devient ainsi un moyen de faire revivre ce qui a été marginalisé– voix, visages et lieux – tout en interrogeant le rapport entre mémoire individuelle et mémoire collective.
Cet article propose d’étudier cette dynamique par une méthode multimédia, c’est-à-dire en examinant les liens entre mots et images, entre écriture et vision. en appuyant sur les travaux de W. J. T. Mitchell (1994), Hans Belting (2004) et Philippe Marion (1997), l’étude explore comment des écrivains francophones – notamment Aimé Césaire, Assia Djebar et Patrick Chamoiseau – transforment le texte en un espace visuel et honoraire. Leurs œuvres prouvent que l’image textuelle n’est pas seulement une perception , mais aussi reconquête, réinvention et documentation. Dans cette perspective, l’expression littéraire visuelle devient une véritable poésie de la mémoire, où l’écriture se fait regard. Elle manifeste des traces du passé, celles que ni le temps ni le mutisme ne peuvent effacer.