Abstract
Cette étude analyse les facteurs associés à la préférence pour la détention non transactionnelle de cash au Maroc. Elle repose sur une enquête transversale menée auprès de 752 individus responsables des décisions financières de leur ménage. La préférence pour la conservation d’espèces est mesurée selon trois niveaux ordonnés. L’analyse mobilise un modèle de Partial Proportional Odds (PPO) afin de tenir compte du rejet de l’hypothèse de proportionnalité pour certaines variables. Les résultats montrent qu’une accessibilité limitée aux institutions financières, une faible sécurité perçue des dépôts et des restrictions perçues concernant la disponibilité de l’épargne sont associées à une préférence plus élevée pour la détention de cash. L’absence de confiance dans les institutions financières est également associée à une probabilité plus forte d’appartenir à la catégorie de préférence élevée. À l’inverse, les individus âgés de 18 à 34 ans présentent une préférence plus faible que ceux âgés de 50 ans et plus. Les résultats suggèrent ainsi que la détention non transactionnelle de cash est particulièrement liée aux conditions d’accès aux services financiers, à la confiance dans les institutions financières ainsi qu’aux perceptions de sécurité et de disponibilité des fonds. Ils soulignent l’importance de ces dimensions pour les politiques d’inclusion financière.