Abstract
RÉSUMÉ
Introduction. La sécurité alimentaire en Côte d'Ivoire est fragilisée par la croissance démographique, l'urbanisation rapide et la pression croissante sur les ressources agricoles et halieutiques. La prévalence de la malnutrition chronique chez les enfants de moins de cinq ans reste élevée, estimée à 22 % selon les données récentes. Dans ce contexte, l'entomophagie apparaît comme une alternative durable et nutritive, mais elle reste peu valorisée en milieu urbain et absente des politiques nationales. Méthodes. Nous avons mené une revue documentaire systématique couvrant la période 2000-2025, à partir des bases de données PubMed, Scopus, AJOL et Google Scholar, complétée par des rapports institutionnels (FAO, OMS, PNNS) et la littérature grise. Les données ont été analysées selon une approche thématique pour identifier les apports nutritionnels, les perceptions sociales, le potentiel économique et les obstacles à la valorisation de l'entomophagie en Côte d'Ivoire. Résultats. Au moins 11 espèces d'insectes comestibles sont consommées en Côte d'Ivoire, dominées par les larves de palmier (*Rhynchophorus phoenicis*), les termites ailés (*Macrotermes subhyalinus*) et les chenilles (*Imbrasia oyemensis*). Leur valeur nutritionnelle est élevée : protéines (35-60 g/100g MS), lipides (20-45 g/100g MS), fer (40-50 mg/100g) et zinc. Leur consommation génère des revenus moyens de 58 666 FCFA/mois par vendeur en milieu urbain. Les principaux freins sont l'indisponibilité saisonnière (42 %), l'aspect visuel (37 %) et la méconnaissance (12 %). L'absence de normes sanitaires et la faible structuration des filières limitent leur intégration dans les circuits alimentaires formels. Conclusion. L'entomophagie constitue une ressource stratégique pour la sécurité alimentaire en Côte d'Ivoire. Son intégration dans les politiques publiques, appuyée par la recherche, la sensibilisation et la structuration des filières, contribuerait à la lutte contre la malnutrition et à la réalisation des ODD 2 et 12.
ABSTRACT
Introduction. Food security in Côte d'Ivoire is threatened by demographic growth, rapid urbanisation, and increasing pressure on agricultural and fishery resources. The prevalence of chronic malnutrition among children under five remains high, estimated at 22% according to recent data. In this context, entomophagy represents a sustainable and nutritious alternative, yet it remains undervalued in urban areas and absent from national policies. Methods. We conducted a systematic documentary review covering the period 2000-2025, using PubMed, Scopus, AJOL, and Google Scholar databases, complemented by institutional reports (FAO, WHO, PNNS) and grey literature. Data were analysed using a thematic approach to identify nutritional contributions, social perceptions, economic potential, and barriers to entomophagy valorisation in Côte d'Ivoire. Results. At least 11 edible insect species are consumed in Côte d'Ivoire, dominated by palm weevil larvae (*Rhynchophorus phoenicis*), winged termites (*Macrotermes subhyalinus*), and caterpillars (*Imbrasia oyemensis*). Their nutritional value is high: proteins (35-60 g/100g DM), lipids (20-45 g/100g DM), iron (40-50 mg/100g), and zinc. Their consumption generates average monthly incomes of 58,666 FCFA per vendor in urban areas. The main barriers are seasonal unavailability (42%), visual appearance (37%), and lack of knowledge (12%). The absence of sanitary standards and weak value chain structuring limit their integration into formal food systems. Conclusion. Entomophagy represents a strategic resource for food security in Côte d'Ivoire. Its integration into public policies, supported by research, awareness campaigns, and value chain structuring, would contribute to combating malnutrition and achieving SDGs 2 and 12.