Abstract
RÉSUMÉIntroduction. Les traumatismes balistiques ont connu une recrudescence au Burkina Faso depuis une décennie avec l'avènement du terrorisme, exposant les populations civiles et combattantes à des lésions complexes des membres. Les fractures de jambe, fréquentes dans ce contexte, posent des défis thérapeutiques majeurs en raison de leur caractère ouvert, de leur comminution et du risque infectieux élevé. Cette étude avait pour but de décrire les aspects épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques des fractures balistiques de jambe au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Tenkodogo. Méthodes. Nous avons mené une étude descriptive rétrospective de janvier 2023 à décembre 2025, incluant tous les patients victimes de fracture balistique de jambe pris en charge au CHR de Tenkodogo. Les données épidémiologiques, cliniques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies à partir des registres et dossiers médicaux. Résultats. Sur 430 traumatismes balistiques admis, 30 fractures de jambe ont été recensées (incidence hospitalière de 7%). L'âge moyen était de 35 ans, avec une prédominance masculine (sex-ratio 4). Les combattants représentaient 70% des cas. Les attaques par groupes armés étaient la principale circonstance (56,7%). La jambe gauche était atteinte dans 73% des cas. Les fractures étaient de type II de Gustilo-Anderson dans 40% des cas, avec une forte comminution (70%). Une pose de garrot préhospitalier avait été réalisée dans 30% des cas. La prise en charge chirurgicale a consisté en un parage chez tous les patients, associé à un fixateur externe (73,3%), un enclouage centromédullaire (20%) ou une amputation (6,7%). La durée moyenne d'hospitalisation était de 8 jours, et le délai moyen de consolidation de 3 mois. Les complications (infections, pseudarthrose) ont concerné 16,7% des patients, avec un décès (3,3%). Conclusion. Les fractures balistiques de jambe touchent principalement les jeunes combattants masculins et sont des lésions de haute énergie, souvent comminutives, dont le traitement chirurgical est dominé par le fixateur externe. La prise en charge précoce et le respect des principes du damage control sont essentiels pour réduire les complications infectieuses et fonctionnelles.ABSTRACTIntroduction. Ballistic traumas have surged in Burkina Faso over the past decade with the advent of terrorism, exposing civilian and combatant populations to complex limb injuries. Tibial fractures, common in this context, pose major therapeutic challenges due to their open nature, comminution, and high infectious risk. This study aimed to describe the epidemiological, clinical, and therapeutic aspects of ballistic tibial fractures at the Tenkodogo Regional Hospital (CHR). Methods. We conducted a retrospective descriptive study from January 2023 to December 2025, including all patients with ballistic tibial fractures managed at the CHR Tenkodogo. Epidemiological, clinical, therapeutic, and outcome data were collected from registries and medical records. Results. Among 430 ballistic trauma admissions, 30 tibial fractures were identified (hospital incidence of 7%). Mean age was 35 years, with a male predominance (sex ratio 4). Combatants accounted for 70% of cases. Armed group attacks were the main circumstance (56.7%). The left leg was involved in 73% of cases. Gustilo-Anderson type II fractures predominated (40%), with high comminution (70%). Prehospital tourniquet application was performed in 30% of cases. Surgical management consisted of debridement in all patients, combined with external fixation (73.3%), intramedullary nailing (20%), or amputation (6.7%). Mean hospital stay was 8 days, and mean consolidation time was 3 months. Complications (infections, nonunion) affected 16.7% of patients, with one death (3.3%). Conclusion. Ballistic tibial fractures predominantly affect young male combatants and are high-energy, often comminuted injuries. Surgical management is dominated by external fixation. Early management and adherence to damage control principles are essential to reduce infectious and functional complications.