Abstract
Cette étude vise à analyser l’influence de la langue maternelle (arabe ou amazighe) sur la réaction des enfants sourds implantés cochléaires en Algérie et sur l’efficacité des programmes de rééducation auditive et linguistique. Pour atteindre cet objectif, une méthodologie descriptive, analytique et comparative a été adoptée, permettant d’examiner les différences de performance entre deux groupes linguistiques distincts. L’échantillon est constitué de 30 enfants âgés de 4 à 10 ans, répartis équitablement entre arabophones et amazighophones, implantés depuis un à trois ans et suivis dans divers centres spécialisés situés à Alger, Tizi Ouzou et Batna. Trois outils principaux ont été utilisés : l’entretien semi-directif auprès des orthophonistes et des familles, l’observation structurée des séances de rééducation et un test de performance linguistique évaluant la compréhension auditive, la production phonétique, la syntaxe et l’expression orale.
Les résultats montrent que les enfants arabophones présentent une progression plus rapide, principalement grâce à la correspondance entre leur langue maternelle et la langue utilisée dans les programmes de rééducation. Les enfants amazighophones affichent quant à eux des difficultés initiales liées à la différence linguistique, mais ces écarts se réduisent progressivement lorsque des éléments de leur langue maternelle sont introduits durant les séances. L’étude conclut que la langue maternelle constitue un facteur déterminant dans la réussite de la rééducation, non pas comme obstacle, mais comme levier facilitateur lorsque les programmes sont adaptés au contexte plurilingue algérien.