Abstract
La recension analyse
Street Players
(2018) de Kinohi Nishikawa, qui retrace la genèse du
black pulp fiction
à partir des années 1950. Nishikawa étudie Holloway House, maison d’édition dirigée par Bentley Morriss et Ralph Weinstock, d’abord centrée sur le
sleaze
, puis progressivement tournée vers la marchandisation de la noireté. Avec
Pimp
(1967) d’Iceberg Slim, la racialisation du
sleaze
s’intensifie, cristallisant un fantasme blanc autour de l’hypermasculinité noire. La véritable transition vers le
black pulp fiction
se fait toutefois avec Donald Goines, dont les récits visent un lectorat noir urbain. Nishikawa montre comment Holloway House participe à la construction d’un
black literary underground
articulé à une économie libidinale et racialisée, et dont les circuits se reconfigurent dans les années 1970 vers d’autres publics et pratiques culturelles. Malgré l’ampleur du travail archivistique, la recension regrette un dialogue théorique trop limité, notamment avec les études noires, féministes et queer.